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听法语故事: 美丽朋友  第七章

时间:2011-06-13 14:13:42 来源:可可法语 编辑:lydie310  测测英语水平如何

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Bel-Ami  美丽朋友
Guy de Maupassant  莫泊桑
Publication: 1885

Première partie第一部分
Chapitre 7

La disparition de Charles donna à Duroy une importance
plus grande dans la rédaction de La Vie
Française. Il signa quelques articles de fond, tout en
signant aussi ses échos, car le patron voulait que
chacun gardât la responsabilité de sa copie. Il eut
quelques polémiques dont il se tira avec esprit ; et ses
relations constantes avec les hommes d’État le préparaient
peu à peu à devenir à son tour un rédacteur
politique adroit et perspicace.
Il ne voyait qu’une tache dans tout son horizon.
Elle venait d’un petit journal frondeur qui l’attaquait
constamment, ou plutôt qui attaquait en lui le chef
des Échos de La Vie Française, le chef des échos à
surprises de M. Walter, disait le rédacteur anonyme
de cette feuille appelée : La Plume. C’étaient, chaque
jour, des perfidies, des traits mordants, des insinuations
de toute nature.
Jacques Rival dit un jour à Duroy : "Vous êtes patient."
L’autre balbutia : "Que voulez-vous, il n’y a pas
d’attaque directe."
Or, un après-midi, comme il entrait dans la salle
de rédaction, Boisrenard lui tendit le numéro de La
Plume :
"Tenez, il y a encore une note désagréable pour
vous.
- Ah ! à propos de quoi ?
- A propos de rien, de l’arrestation d’une dame Aubert
par un agent desmoeurs."
Georges prit le journal qu’on lui tendait, et lut, sous
ce titre : Duroy s’amuse.
"L’illustre reporter de La Vie Française nous apprend
aujourd’hui que la dame Aubert, dont nous
avons annoncé l’arrestation par un agent de l’odieuse
brigade des moeurs, n’existe que dans notre imagination.
Or, la personne en question demeure 18, rue
de l’Écureuil, à Montmartre. Nous comprenons trop,
d’ailleurs, quel intérêt ou quels intérêts peuvent avoir
les agents de la banqueWalter à soutenir ceux du préfet
de police qui tolère leur commerce. Quant au reporter
dont il s’agit, il ferait mieux de nous donner
quelqu’une de ces bonnes nouvelles à sensation dont
il a le secret : nouvelles de morts démenties le lendemain,
nouvelles de batailles qui n’ont pas eu lieu, annonce
de paroles graves prononcées par des souverains
qui n’ont rien dit, toutes les informations enfin
qui constituent les " Profits Walter", ou même quelqu’une
des petites indiscrétions sur des soirées de
femmes à succès, ou sur l’excellence de certains produits
qui sont d’une grande ressource à quelques-uns
de nos confrères."
Le jeune homme demeurait interdit, plus qu’irrité,
comprenant seulement qu’il y avait là-dedans
quelque chose de fort désagréable pour lui.
Boisrenard reprit :
"Qui vous a donné cet écho ?"
Duroy cherchait, ne se rappelant plus. Puis, tout à
coup, le souvenir lui revint :
"Ah ! oui, c’est Saint-Potin." Puis il relut l’alinéa de
La Plume, et il rougit brusquement, révolté par l’accusation
de vénalité.
Il s’écria : "Comment, on prétend que je suis payé
pour..."
Boisrenard l’interrompit :
"Dame, oui. C’est embêtant pour vous. Le patron
est fort sur l’oeil à ce sujet. Ça pourrait arriver si souvent
dans les échos..."
Saint-Potin, justement, entrait. Duroy courut à lui :
"Vous avez vu la note de La Plume?
- Oui, et je viens de chez la dame Aubert. Elle existe
parfaitement, mais elle n’a pas été arrêtée. Ce bruit
n’a aucun fondement. "
Alors Duroy s’élança chez le patron qu’il trouva
un peu froid, avec un oeil soupçonneux. Après avoir
écouté le cas, M. Walter répondit : "Allez vous-même
chez cette dame et démentez de façon qu’on n’écrive
plus de pareilles choses sur vous. Je parle de ce qui
suit. C’est fort ennuyeux pour le journal, pour moi et
pour vous. Pas plus que la femme de César, un journaliste
ne doit être soupçonné."
Duroymonta en fiacre avec Saint-Potin pour guide,
et il cria au cocher : "18, rue de l’Écureuil, à Montmartre."
C’était dans une immense maison dont il fallut escalader
les six étages. Une vieille femme en caraco de
laine vint lui ouvrir : " Qu’est-ce que vous me r’voulez
?" dit-elle en apercevant Saint-Potin.
Il répondit :
"Je vousamène monsieur, qui est inspecteur de police
et qui voudrait bien savoir votre affaire."
Alors elle les fit entrer, en racontant :
"Il en est encore r’venu deux d’puis vous pour un
journal, je n’sais point l’quel." Puis, se tournant vers
Duroy : "Donc, c’estmonsieur qui désire savoir ?
- Oui. Est-ce que vous avez été arrêtée par un agent
desmoeurs ?"
Elle leva les bras :
"Jamais d’la vie, mon bon monsieur, jamais d’la
vie. Voilà la chose. J’ai un boucher qui sert bien mais
qui pèse mal. Je m’en ai aperçu souvent sans rien
dire, mais comme je lui demandais deux livres de
côtelettes, vu que j’aurais ma fille et mon gendre, je
m’aperçois qu’il me pèse des os de déchet, des os de
côtelettes, c’est vrai, mais pas des miennes. J’aurais
pu en faire du ragoût, c’est encore vrai, mais quand je
demande des côtelettes, c’est pas pour avoir le déchet
des autres. Je refuse donc, alors y me traite de vieux
rat, je lui réplique vieux fripon ; bref, de fil en aiguille,
nous nous sommes chamaillés qu’il y avait plus de
cent personnes devant la boutique et qui riaient, qui
riaient ! Tant qu’enfin un agent fut attiré et nous invita
à nous expliquer chez le commissaire. Nous y fûmes,
et on nous renvoya dos à dos. Moi, depuis, je m’sers
ailleurs, et je n’passe même pu devant la porte, pour
éviter des esclandres."
Elle se tut. Duroy demanda :
"C’est tout ?
- C’est toute la vérité, mon cher monsieur " et, lui
ayant offert un verre de cassis, qu’il refusa de boire,
la vieille insista pour qu’on parlât dans le rapport des
fausses pesées du boucher.
De retour au journal, Duroy rédigea sa réponse :
"Un écrivaillon anonyme de La Plume, s’en étant
arraché une, me cherche noise au sujet d’une vieille
femme qu’il prétend avoir été arrêtée par un agent
des moeurs, ce que je nie. J’ai vu moi-même la dame
Aubert, âgée de soixante ans au moins, et elle m’a raconté
par le menu sa querelle avec un boucher, au sujet
d’une pesée de côtelettes, ce qui nécessita une explication
devant le commissaire de police.
"Voilà toute la vérité.
"Quant aux autres insinuations du rédacteur de La
Plume, je les méprise. On ne répond pas, d’ailleurs,
à de pareilles choses, quand elles sont écrites sous le
masque.
"GEORGES DUROY."
M. Walter et Jacques Rival, qui venait d’arriver,
trouvèrent cette note suffisante, et il fut décidé qu’elle
passerait le jour même, à la suite des échos.
Duroy rentra tôt chez lui, un peu agité, on peu inquiet.
Qu’allait répondre l’autre ? Qui était-il ? Pourquoi
cette attaque brutale ? Avec lesmoeurs brusques
des journalistes, cette bêtise pouvait aller loin, très
loin. Il dormitmal.
Quand il relut sa note dans le journal, le lendemain,
il la trouva plus agressive imprimée que manuscrite.
Il aurait pu, lui semblait-il, atténuer certains
termes.
Il fut fiévreux tout le jour et il dormit mal encore
la nuit suivante. Il se leva dès l’aurore pour chercher
le numéro de La Plume qui devait répondre à sa réplique.
Le temps s’était remis au froid ; il gelait dur. Les
ruisseaux, saisis comme ils coulaient encore, déroulaient
le long des trottoirs deux rubans de glace.
Les journaux n’étaient point arrivés chez les marchands,
et Duroy se rappela le jour de son premier
article : Les Souvenirs d’un chasseur d’Afrique.
Ses mains et ses pieds s’engourdissaient, devenaient
douloureux, au bout des doigts surtout ; et il se mit
à courir en rond autour du kiosque vitré, où la vendeuse,
accroupie sur sa chaufferette, ne laissait voir,
par la petite fenêtre, qu’un nez et des joues rouges
dans un capuchon de laine.
Enfin le distributeur de feuilles publiques passa
le paquet attendu par l’ouverture du carreau, et la
bonne femme tendit à Duroy La Plume grande ouverte.
Il chercha son nom d’un coup d’oeil et ne vit
rien d’abord. Il respirait déjà, quand il aperçut la
chose entre deux tirets :
"Le sieur Duroy, de La Vie Française, nous donne
un démenti ; et, en nous démentant, il ment. Il avoue
cependant qu’il existe une femme Aubert, et qu’un
agent l’a conduite à la police. Il ne reste donc qu’à
ajouter deux mots : "desmoeurs " après lemot " agent
" et c’est dit.
"Mais la conscience de certains journalistes est au
niveau de leur talent.
"Et je signe : LOUIS LANGREMONT."
Alors le coeur de Georges se mit à battre violemment,
et il rentra chez lui pour s’habiller, sans trop
savoir ce qu’il faisait. Donc, on l’avait insulté, et
d’une telle façon qu’aucune hésitation n’était possible.
Pourquoi ? Pour rien. A propos d’une vieille
femme qui s’était querellée avec son boucher.
Il s’habilla bien vite et se rendit chez M. Walter,
quoiqu’il fût à peine huit heures du matin.
M.Walter, déjà levé, lisait La Plume.
"Eh bien, dit-il avec un visage grave, en apercevant
Duroy, vous ne pouvez pas reculer ?"
Le jeune homme ne répondit rien. Le directeur reprit
:
"Allez tout de suite trouver Rival qui se chargera de
vos intérêts."
Duroy balbutia quelques mots vagues et sortit pour
se rendre chez le chroniqueur, qui dormait encore. Il
sauta du lit, au coup de sonnette, puis ayant lu l’écho :
"Bigre, il faut y aller. Qui voyez-vous comme autre témoin
?
-Mais, je ne sais pas, moi.
- Boisrenard ? - Qu’en pensez-vous ?
- Oui, Boisrenard.
- Êtes-vous fort aux armes ?
- Pas du tout.
- Ah ! diable ! Et au pistolet ?
- Je tire un peu.
- Bon. Vous allez vous exercer pendant que jem’occuperai
de tout. Attendez-moi une minute."
Il passa dans son cabinet de toilette et reparut
bientôt, lavé, rasé, correct.
"Venez avec moi", dit-il.
Il habitait au rez-de-chaussée d’un petit hôtel, et il
fit descendre Duroy dans la cave, une cave énorme,
convertie en salle d’armes et en tir, toutes les ouvertures
sur la rue étant bouchées.
Après avoir allumé une ligne de becs de gaz
conduisant jusqu’au fond d’un second caveau, où se
dressait un homme de fer peint en rouge et en bleu,
il posa sur une table deux paires de pistolets d’un
système nouveau chargeant par la culasse, et il commença
les commandements d’une voix brève comme
si on eût été sur le terrain.
Prêt ?
Feu ! - un, deux, trois.
Duroy, anéanti, obéissait, levait les bras, visait, tirait,
et comme il atteignait souvent le mannequin
en plein ventre, car il s’était beaucoup servi dans sa
première jeunesse d’un vieux pistolet d’arçon de son
père pour tuer des oiseaux dans la cour, Jacques Rival,
satisfait, déclarait : "Bien - très bien " - très bien -
vous irez - vous irez."
Puis il le quitta :
"Tirez comme ça jusqu’à midi. Voilà des munitions,
n’ayez pas peur de les brûler. Je viendrai vous
prendre pour déjeuner et vous donner des nouvelles."
Et il sortit.
Resté seul, Duroy tira encore quelques coups, puis
il s’assit et semit à réfléchir.
Comme c’était bête tout de même, ces choses-là.
Qu’est-ce que ça prouvait ? Un filou était-il moins
un filou après s’être battu ? Que gagnait un honnête
homme insulté à risquer sa vie contre une crapule ?
Et son esprit vagabondant dans le noir se rappela les
choses dites par Norbert de Varenne sur la pauvreté
d’esprit des hommes, la médiocrité de leurs idées et
de leurs préoccupations, la niaiserie de leur morale !
Et il déclara tout haut : "Comme il a raison, sacristi
!"
Puis il sentit qu’il avait soif, et ayant entendu un
bruit de gouttes d’eau derrière lui, il aperçut un appareil
à douches et il alla boire au bout de la lance.
Puis il se remit à songer. Il faisait triste dans cette
cave, triste comme dans un tombeau. Le roulement
lointain et sourd des voitures semblait un tremblement
d’orage éloigné. Quelle heure pouvait-il être ?
Les heures passaient là-dedans comme elles devaient
passer au fond des prisons, sans que rien les indique
et que rien les marque, sauf les retours du geôlier portant
les plats. Il attendit, longtemps, longtemps.
Puis tout d’un coup il entendit des pas, des voix, et
Jacques Rival reparut, accompagné de Boisrenard. Il
cria dès qu’il aperçut Duroy : "C’est arrangé !"
L’autre crut l’affaire terminée par quelque lettre
d’excuses ; son coeur bondit, et il balbutia :
"Ah !... merci."
Le chroniqueur reprit :
"Ce Langremont est très carré, il a accepté toutes
nos conditions. Vingt-cinq pas, une balle au commandement
en levant le pistolet. On a le bras beaucoup
plus sûr ainsi qu’en l’abaissant. Tenez, Boisrenard,
voyez ce que je vous disais."
Et prenant des armes il semit à tirer en démontrant
comment on conservait bien mieux la ligne en levant
le bras.
Puis il dit :
"Maintenant, allons déjeuner, il est midi passé."
Et ils se rendirent dans un restaurant voisin. Duroy
ne parlait plus guère. Il mangea pour n’avoir pas l’air
d’avoir peur, puis dans le jour il accompagna Boisrenard
au journal et il fit sa besogne d’une façon distraite
et machinale. On le trouva crâne.
Jacques Rival vint lui serrer la main vers le milieu
de l’après-midi ; et il fut convenu que ses témoins le
prendraient chez lui en landau, le lendemain à sept
heures du matin, pour se rendre au bois du Vésinet
où la rencontre aurait lieu.
Tout cela s’était fait inopinément, sans qu’il y prît
part, sans qu’il dît un mot, sans qu’il donnât son avis,
sans qu’il acceptât ou refusât, et avec tant de rapidité
qu’il demeurait étourdi, effaré, sans trop comprendre
ce qui se passait.
Il se retrouva chez lui vers neuf heures du soir après
avoir dîné chez Boisrenard, qui ne l’avait point quitté
de tout le jour par dévouement.
Dès qu’il fut seul, il marcha pendant quelques minutes,
à grands pas vifs, à travers sa chambre. Il était
trop troublé pour réfléchir à rien. Une seule idée emplissait
son esprit : - Un duel demain, - sans que
cette idée éveillât en lui autre chose qu’une émotion
confuse et puissante. Il avait été soldat, il avait tiré sur
des Arabes, sans grand danger pour lui, d’ailleurs, un
peu comme on tire sur un sanglier, à la chasse.
En somme, il avait fait ce qu’il devait faire. Il s’était
montré ce qu’il devait être. On en parlerait, on l’approuverait,
on le féliciterait. Puis il prononça à haute
voix, comme on parle dans les grandes secousses de
pensée :
"Quelle brute que cet homme!"
Il s’assit et se mit à réfléchir. Il avait jeté sur sa petite
table une carte de son adversaire remise par Rival,
afin de garder son adresse. Il la relut comme il l’avait
déjà lue vingt fois dans la journée. Louis Langremont,
176, rueMontmartre. Rien de plus.
Il examinait ces lettres assemblées qui lui paraissaient
mystérieuses, pleines de sens inquiétants.
"Louis Langremont", qui était cet homme? De quel
âge ? De quelle taille ? De quelle figure ? N’était-ce pas
révoltant qu’un étranger, un inconnu, vînt ainsi troubler
notre vie, tout d’un coup, sans raison, par pur caprice,
à propos d’une vieille femme qui s’était querellée
avec son boucher ?
Il répéta encore une fois, à haute voix : "Quelle
brute ! "
Et il demeura immobile, songeant, le regard toujours
planté sur la carte. Une colère s’éveillait en lui
contre ce morceau de papier, une colère haineuse où
se mêlait une étrange sentiment de malaise. C’était
stupide, cette histoire-là ! Il prit une paire de ciseaux à
ongles qui traînaient et il les piqua au milieu du nom
imprimé comme s’il eût poignardé quelqu’un.
Donc il allait se battre, et se battre au pistolet ?
Pourquoi n’avait-il pas choisi l’épée ! Il en aurait été
quitte pour une piqûre au bras ou à la main, tandis
qu’avec le pistolet on ne savait jamais les suites possibles.
Il dit : "Allons, il faut être crâne."
Le son de sa voix le fit tressaillir, et il regarda autour
de lui. Il commençait à se sentir fort nerveux. Il but un
verre d’eau, puis se coucha.
Dès qu’il fut au lit, il souffla sa lumière et ferma les
yeux.
Il avait très chaud dans ses draps, bien qu’il fit très
froid dans sa chambre, mais il ne pouvait parvenir à
s’assoupir. Il se tournait et se retournait, demeurait
cinq minutes sur le dos, puis se plaçait sur le côté
gauche, puis se roulait sur le côté droit.
Il avait encore soif. Il se releva pour boire, puis une
inquiétude le saisit : "Est-ce que j’aurais peur ?"
Pourquoi son coeur se mettait-il à battre follement
à chaque bruit connu de sa chambre ? Quand son
coucou allait sonner, le petit grincement du ressort
lui faisait faire un sursaut ; et il lui fallait ouvrir la
bouche pour respirer pendant quelques secondes,
tant il demeurait oppressé.
Il se mit à raisonner en philosophe sur la possibilité
de cette chose : "Aurais-je peur ?"
Non certes il n’aurait pas peur puisqu’il était résolu
à aller jusqu’au bout, puisqu’il avait cette volonté
bien arrêtée de se battre, de ne pas trembler. Mais
il se sentait si profondément ému qu’il se demanda :
"Peut-on avoir peur malgré soi ?" Et ce doute l’envahit,
cette inquiétude, cette épouvante ! Si une force
plus puissante que sa volonté, dominatrice, irrésistible,
le domptait, qu’arriverait-il ?Oui, que pouvait-il
arriver ?
Certes il irait sur le terrain puisqu’il voulait y aller.
Mais s’il tremblait ?Mais s’il perdait connaissance ? Et
il songea à sa situation, à sa réputation, à son avenir.
Et un singulier besoin le prit tout à coup de se relever
pour se regarder dans la glace. Il ralluma sa bougie.
Quand il aperçut son visage reflété dans le verre
poli, il se reconnut à peine, et il lui sembla qu’il ne
s’était jamais vu. Ses yeux lui parurent énormes ; et il
était pâle, certes, il était pâle, très pâle.
Tout d’un coup, cette pensée entra en lui à la façon
d’une balle : "Demain, à cette heure-ci, je serai
peut-être mort." Et son coeur se remit à battre furieusement.
Il se retourna vers sa couche et il se vit distinctement
étendu sur le dos dans ces mêmes draps qu’il
venait de quitter. Il avait ce visage creux qu’ont les
morts et cette blancheur des mains qui ne remueront
plus.
Alors il eut peur de son lit, et afin de ne plus le voir
il ouvrit la fenêtre pour regarder dehors.
Un froid glacial lui mordit la chair de la tête aux
pieds, et il se recula, haletant.
La pensée lui vint de faire du feu. Il l’attisa lentement
sans se retourner. Ses mains tremblaient un peu
d’un frémissement nerveux quand elles touchaient
les objets. Sa tête s’égarait ; ses pensées tournoyantes,
hachées, devenaient fuyantes, douloureuses ; une
ivresse envahissait son esprit comme s’il eût bu.
Et sans cesse il se demandait : "Que vais-je faire ?
que vais-je devenir ?"
Il se remit à marcher, répétant, d’une façon continue,
machinale : "Il faut que je sois énergique, très
énergique."
Puis il se dit : "Je vais écrire à mes parents, en cas
d’accident."
Il s’assit de nouveau, prit un cahier de papier à
lettres, traça : "Mon cher papa,ma chère maman..."
Puis il jugea ces termes trop familiers dans une
circonstance aussi tragique. Il déchira la première
feuille, et recommença : "Mon cher père, ma chère
mère ; je vais me battre au point du jour, et comme
il peut arriver que..."
Il n’osa pas écrire le reste et se releva d’une secousse.
Cette pensée l’écrasait maintenant." Il allait se
battre en duel. Il ne pouvait plus éviter cela. Que se
passait-il donc en lui ? Il voulait se battre ; il avait cette
intention et cette résolution fermement arrêtées ; et
il lui semblait, malgré tout l’effort de sa volonté, qu’il
ne pourrait même pas conserver la force nécessaire
pour aller jusqu’au lieu de la rencontre."
De temps en temps ses dents s’entrechoquaient
dans sa bouche avec un petit bruit sec ; et il demandait
:
"Mon adversaire s’est-il déjà battu ? a-t-il fréquenté
les tirs ? est-il connu ? est-il classé ?" Il n’avait jamais
entendu prononcer ce nom. Et cependant si cet
homme n’était pas un tireur au pistolet remarquable,
il n’aurait point accepté ainsi, sans hésitation, sans
discussion, cette arme dangereuse.
Alors Duroy se figurait leur rencontre, son attitude
à lui et la tenue de son ennemi. Il se fatiguait la pensée
à imaginer les moindres détails du combat ; et
tout à coup il voyait en face de lui ce petit trou noir
et profond du canon dont allait sortir une balle.
Et il fut pris brusquement d’une crise de désespoir
épouvantable. Tout son corps vibrait, parcouru
de tressaillements saccadés. Il serrait les dents pour
ne pas crier, avec un besoin fou de se rouler par terre,
de déchirer quelque chose, de mordre.Mais il aperçut
un verre sur sa cheminée et il se rappela qu’il possédait
dans son armoire un litre d’eau-de-vie presque
plein ; car il avait conservé l’habitude militaire de tuer
le ver chaquematin.
Il saisit la bouteille et but, à même le goulot, à
longues gorgées, avec avidité. Et il la reposa seulement
lorsque le souffle lui manqua. Elle était vide
d’un tiers.
Une chaleur pareille à une flamme lui brûla bientôt
l’estomac, se répandit dans ses membres, raffermit
son âme en l’étourdissant.
Il se dit : "Je tiens le moyen." Et comme il se sentait
maintenant la peau brûlante, il rouvrit la fenêtre.
Le jour naissait, calme et glacial. Là-haut, les
étoiles semblaient mourir au fond du firmament
éclairci, et dans la tranchée profonde du chemin de
fer les signaux verts, rouges et blancs pâlissaient.
Les premières locomotives sortaient du garage et
s’en venaient en sifflant chercher les premiers trains.
D’autres, dans le lointain, jetaient des appels aigus et
répétés, leurs cris de réveil, comme font les coqs dans
les champs.
Duroy pensait : "Je ne verrai peut-être plus tout ça."
Mais comme il sentit qu’il allait de nouveau s’attendrir
sur lui-même, il réagit violemment : "Allons, il ne
faut songer à rien jusqu’au moment de la rencontre,
c’est le seul moyen d’être crâne."
Et il se mit à sa toilette. Il eut encore, en se rasant,
une seconde de défaillance en songeant que c’était
peut-être la dernière fois qu’il regardait son visage.
Il but une nouvelle gorgée d’eau-de-vie, et acheva
de s’habiller.
L’heure qui suivit fut difficile à passer. Il marchait
de long en large en s’efforçant en effet d’immobiliser
son âme. Lorsqu’il entendit frapper à sa porte, il faillit
s’abattre sur le dos, tant la commotion fut violente.
C’étaient ses témoins.
"Déjà !"
Ils étaient enveloppés de fourrures. Rival déclara,
après avoir serré la main de son client :
"Il fait un froid de Sibérie." Puis il demanda : "Ça va
bien ?
- Oui, très bien.
- On est calme ?
- Très calme.
- Allons, ça ira. Avez-vous bu et mangé quelque
chose ?
- Oui, je n’ai besoin de rien."
Boisrenard, pour la circonstance, portait une décoration
étrangère, verte et jaune, queDuroy ne lui avait
jamais vue.
Ils descendirent. Un monsieur les attendait dans le
landau. Rival nomma : "Le docteur Le Brument." Duroy
lui serra la main en balbutiant : "Je vous remercie",
puis il voulut prendre place sur la banquette du
devant et il s’assit sur quelque chose de dur qui le fit
relever comme si un ressort l’eût redressé. C’était la
boîte aux pistolets.
Rival répétait : "Non ! Au fond le combattant et le
médecin, au fond !" Duroy finit par comprendre et il
s’affaissa à côté du docteur.
Les deux témoins montèrent à leur tour et le cocher
partit. Il savait où on devait aller.
Mais la boîte aux pistolets gênait tout le monde,
surtout Duroy, qui eût préféré ne pas la voir. On essaya
de la placer derrière le dos ; elle cassait les reins ;
puis on la mit debout entre Rival et Boisrenard ; elle
tombait tout le temps. On finit par la glisser sous les
pieds.
La conversation languissait, bien que le médecin
racontât des anecdotes. Rival seul répondait. Duroy
eût voulu prouver de la présence d’esprit, mais il avait
peur de perdre le fil de ses idées, de montrer le trouble
de son âme; et il était hanté par la crainte torturante
de se mettre à trembler.
La voiture fut bientôt en pleine campagne. Il était
neuf heures environ. C’était une de ces rudes matinées
d’hiver où toute la nature est luisante, cassante
et dure comme du cristal. Les arbres, vêtus de givre,
semblent avoir sué de la glace ; la terre sonne sous les
pas ; l’air sec porte au loin les moindres bruits : le ciel
bleu paraît brillant à la façon des miroirs et le soleil
passe dans. l’espace, éclatant et froid lui-même, jetant
sur la création gelée des rayons qui n’échauffent
rien.
Rival disait à Duroy :
"J’ai pris les pistolets chez Gastine-Renette. Il les a
chargés lui-même. La boîte est cachetée. On les tirera
au sort, d’ailleurs, avec ceux de notre adversaire."
Duroy répondit machinalement :
"Je vous remercie."
Alors Rival lui fit des recommandations minutieuses,
car il tenait à ce que son client ne commît
aucune erreur. Il insistait sur chaque point plusieurs
fois : "Quand on demandera : "Êtes-vous prêts,
messieurs ?" vous répondrez d’une voix forte : "Oui !"
Quand on commandera "Feu !" vous élèverez vivement
le bras, et vous tirerez avant qu’on ait prononcé
trois."
Et Duroy se répétait mentalement : "Quand on
commandera feu, j’élèverai le bras, - quand on commandera
feu, j’élèverai le bras, - quand on commandera
feu, j’élèverai le bras."
Il apprenait cela comme les enfants apprennent
leurs leçons, en le murmurant à satiété pour se le
bien graver dans la tête. "Quand on commandera feu,
j’élèverai le bras."
Le landau entra sous un bois, tourna à droite dans
une avenue, puis encore à droite. Rival, brusquement,
ouvrit la portière pour crier au cocher : "Là,
par ce petit chemin." Et la voiture s’engagea dans une
route à ornières entre deux taillis où tremblotaient
des feuilles mortes bordées d’un liséré de glace.
Duroy marmottait toujours :
"Quand on commandera feu, j’élèverai le bras." Et
il pensa qu’un accident de voiture arrangerait tout.
Oh ! si on pouvait verser, quelle chance ! s’il pouvait
se casser une jambe !..."
Mais il aperçut au bout d’une clairière une autre
voiture arrêtée et quatre messieurs qui piétinaient
pour s’échauffer les pieds ; et il fut obligé d’ouvrir la
bouche tant sa respiration devenait pénible.
Les témoins descendirent d’abord, puis le médecin
et le combattant. Rival avait pris la boîte aux pistolets
et il s’en alla avec Boisrenard vers deux des étrangers
qui venaient à eux. Duroy les vit se saluer avec
cérémonie puis marcher ensemble dans la clairière
en regardant tantôt par terre et tantôt dans les arbres,
comme s’ils avaient cherché quelque chose qui aurait
pu tomber ou s’envoler. Puis ils comptèrent des pas
et enfoncèrent avec grand-peine deux cannes dans le
sol gelé. Ils se réunirent ensuite en groupe et ils firent
les mouvements du jeu de pile ou face, comme des
enfants qui s’amusent.
Le docteur Le Brument demandait à Duroy :
"Vous vous sentez bien ? Vous n’avez besoin de
rien ?
- Non, de rien, merci."
Il lui semblait qu’il était fou, qu’il dormait, qu’il rêvait,
que quelque chose de surnaturel était survenu
qui l’enveloppait.
Avait-il peur ? Peut-être ?Mais il ne savait pas. Tout
était changé autour de lui.
Jacques Rival revint et lui annonça tout bas avec satisfaction
:
"Tout est prêt. La chance nous a favorisés pour les
pistolets. "
Voilà une chose qui était indifférente à Duroy.
On lui ôta son pardessus. Il se laissa faire. On tâta
les poches de sa redingote pour s’assurer qu’il ne portait
point de papiers ni de portefeuille protecteur.
Il répétait en lui-même, comme une prière :
"Quand on commandera feu, j’élèverai le bras."
Puis on l’amena jusqu’à une des cannes piquées
en terre et on lui remit son pistolet. Alors il aperçut
un homme debout, en face de lui, tout près, un petit
homme ventru, chauve, qui portait des lunettes.
C’était son adversaire.
Il le vit très bien, mais il ne pensait à rien qu’à ceci :
" Quand on commandera feu, j’élèverai le bras et je
tirerai. " Une voix résonna dans le grand silence de
l’espace, une voix qui semblait venir de très loin, et
elle demanda :
"Êtes-vous prêts,messieurs ?"
Georges cria :
"Oui."
Alors la même voix ordonna :
"Feu !"
Il n’écouta rien de plus, il ne s’aperçut de rien, il
ne se rendit compte de rien, il sentit seulement qu’il
levait le bras en appuyant de toute sa force sur la gâchette.
Et il n’entendit rien.
Mais il vit aussitôt un peu de fumée au bout du canon
de son pistolet ; et comme l’homme en face de
lui demeurait toujours debout, dans la même posture
également, il aperçut aussi un autre petit nuage blanc
qui s’envolait au-dessus de la tête de son adversaire.
Ils avaient tiré tous les deux. C’était fini.
Ses témoins et le médecin le touchaient, le palpaient,
déboutonnaient ses vêtements en demandant
avec anxiété :
"Vous n’êtes pas blessé ?" Il répondit au hasard .
"Non, je ne crois pas."
Langremont d’ailleurs demeurait aussi intact que
son ennemi, et Jacques Rival murmura d’un ton mécontent
:
"Avec ce sacré pistolet, c’est toujours commeça, on
se rate ou on se tue. Quel sale instrument !"
Duroy ne bougeait point, paralysé de surprise et
de joie : " C’était fini !" Il fallut lui enlever son arme
qu’il tenait toujours serrée dans sa main. Il lui semblait
maintenant qu’il se serait battu contre l’univers
entier. C’était fini. Quel bonheur ! il se sentait brave
tout à coup à provoquer n’importe qui.
Tous les témoins causèrent quelques minutes, prenant
rendez-vous dans le jour pour la rédaction du
procès-verbal, puis on remonta dans la voiture, et le
cocher, qui riait sur son siège, repartit en faisant claquer
son fouet.
Ils déjeunèrent tous les quatre sur le boulevard,
en causant de l’événement. Duroy disait ses impressions.
"Ça nem’a rien fait, absolument rien. Vous avez dû
le voir du reste ?"
Rival répondit :
"Oui, vous vous êtes bien tenu."
Quand le procès-verbal fut rédigé, on le présenta à
Duroy qui devait l’insérer dans les échos. Il s’étonna
de voir qu’il avait échangé deux balles avec M. Louis
Langremont, et, un peu inquiet, il interrogea Rival :
"Mais nous n’avons tiré qu’une balle."
L’autre sourit :
"Oui, une balle... une balle chacun... ça fait deux
balles."
Et Duroy, trouvant l’explication satisfaisante, n’insista
pas. Le pèreWalter l’embrassa :
"Bravo, bravo, vous avez défendu le drapeau de La
Vie Française, bravo !"
Georges se montra, le soir, dans les principaux
grands journaux et dans les principaux grands cafés
du boulevard. Il rencontra deux fois son adversaire
qui se montrait également.
Ils ne se saluèrent pas. Si l’un des deux avait été
blessé, ils se seraient serré les mains. Chacun jurait
d’ailleurs avec conviction avoir entendu siffler la
balle de l’autre.
Le lendemain, vers onze heures du matin, Duroy
reçut un petit bleu : " Mon Dieu, que j’ai eu peur !
Viens donc tantôt rue de Constantinople, que je t’embrasse,
mon amour. Comme tu es brave - je t’adore. -
Clo."
Il alla au rendez-vous et elle s’élança dans ses bras,
le couvrant de baisers :
"Oh ! mon chéri, si tu savais mon émotion quand
j’ai lu les journaux ce matin. Oh ! raconte-moi. Dismoi
tout. Je veux savoir."
Il dut raconter les détails avec minutie. Elle demandait
:
"Comme tu as dû avoir unemauvaise nuit avant le
duel !
-Mais non. J’ai bien dormi.
- Moi, je n’aurais pas fermé l’oeil. Et sur le terrain,
dis-moi comment ça s’est passé."
Il fit un récit dramatique :
"Lorsque nous fûmes en face l’un de l’autre, à
vingt pas, quatre fois seulement la longueur de
cette chambre, Jacques, après avoir demandé si nous
étions prêts, commanda : "Feu." J’ai élevé mon bras
immédiatement, bien en ligne, mais j’ai eu le tort de
vouloir viser la tête. J’avais une arme fort dure et je
suis accoutumé à des pistolets bien doux, de sorte
que la résistance de la gâchette a relevé le coup. N’importe,
ça n’a pas dû passer loin. Lui aussi il tire bien,
le gredin. Sa balle m’a effleuré la tempe. J’en ai senti
le vent."
Elle était assise sur ses genoux et le tenait dans ses
bras comme pour prendre part à son danger. Elle balbutiait
: "Oh !mon pauvre chéri, mon pauvre chéri..."
Puis, quand il eut fini de conter, elle lui dit :
"Tu ne sais pas, je ne peux plus me passer de toi ! Il
faut que je te voie, et, avec mon mari à Paris, ça n’est
pas commode. Souvent, j’aurais une heure le matin,
avant que tu sois levé, et je pourrais aller t’embrasser,
mais je ne veux pas rentrer dans ton affreuse maison.
Comment faire ?"
Il eut brusquement une inspiration et demanda :
"Combien paies-tu ici ?
- Cent francs par mois.
- Eh bien, je prends l’appartement à mon compte
et je vais l’habiter tout à fait. Le mien n’est plus suffisant
dansma nouvelle position."
Elle réfléchit quelques instants, puis répondit :
"Non. Je ne veux pas."
Il s’étonna :
"Pourquoi ça ?
- Parce que...
- Ce n’est pas une raison. Ce logement me convient
très bien. J’y suis. J’y reste."
Il se mit à rire :
"D’ailleurs, il est à mon nom."
Mais elle refusait toujours :
"Non, non, je ne veux pas...
- Pourquoi ça, enfin ?"
Alors elle chuchota tout bas, tendrement : "Parce
que tu y amènerais des femmes, et je ne veux pas."
Il s’indigna :
"Jamais de la vie, par exemple. Je te le promets.
- Non, tu en amènerais tout de même.
- Je te le jure.
- Bien vrai ?
- Bien vrai. Parole d’honneur. C’est notre maison,
ça, rien qu’à nous."
Elle l’étreignit dans un élan d’amour :
"Alors je veux bien,monchéri.Mais tu sais, si tume
trompes une fois, rien qu’une fois, ce sera fini entre
nous, fini pour toujours."
Il jura encore avec des protestations, et il fut
convenu qu’il s’installerait le jour même, afin qu’elle
pût le voir quand elle passerait devant la porte.
Puis elle lui dit :
"En tout cas, viens dîner dimanche. Mon mari te
trouve charmant."
Il fut flatté :
"Ah ! vraiment ?...
- Oui, tu as fait sa conquête. Et puis écoute, tum’as
dit que tu avais été élevé dans un château à la campagne,
n’est-ce pas ?
- Oui, pourquoi ?
- Alors tu dois connaître un peu la culture ?
- Oui.
- Eh bien, parle-lui de jardinage et de récoltes, il
aime beaucoup ça.
- Bon. Je n’oublierai pas."
Elle le quitta, après l’avoir indéfiniment embrassé,
ce duel ayant exaspéré sa tendresse.
Et Duroy pensait, en se rendant au journal : "Quel
drôle d’être ça fait ! Quelle tête d’oiseau ! Sait-on ce
qu’elle veut et ce qu’elle aime ? Et quel drôle de ménage
! Quel fantaisiste a bien pu préparer l’accouplement
de ce vieux et de cette écervelée ? Quel raisonnement
a décidé cet inspecteur à épouser cette étudiante
?Mystère ! Qui sait ? L’amour, peut-être ?"
Puis il conclut : "Enfin, c’est une bien gentille maîtresse.
Je serais rudement bête de la lâcher."

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